Afin d'éviter les définitions arbitraires ou les constructions fantaisistes répertoriées dans les dictionnaires, Accent grave Rédaction se réfère aux préconisations de l'Académie française.

Les erreurs d'un langage se prétendant érudit.

  • « A minima », à ne pas confondre avec « au minimum ». « A minima », contraction de l'expression latine "a minima poena ad majorem", signifie « pour augmenter le minimum », « pour augmentation ». Ex : demander la révision de sa rémunération a minima ; faire appel a minima de la décision de première instance.
  • « L’entreprise a apporté une amodiation à son projet », à la place d’une « modification », d’un « amendement ». Une « amodiation » est la « location d’une terre contre des prestations périodiques en nature ou en espèce ».
  • « À son encontre » à la place de « à son égard, à son endroit ». La locution prépositive « à l’encontre de », c’est-à-dire « à l’opposé de », est une locution insécable.
  • Une formation « présentielle », adjectif inexistant, à la place de « in situ », « sur place », « sur site »…
  • « Transverse » à la place de « transversal », le premier adjectif étant réservé au domaine médical. Ex : l’apophyse transverse…

Les erreurs de méconnaissance du français !

  • « Notre ressenti » à la place de « notre perception, notre impression, notre sentiment ». « Ressenti » est un adjectif.
  • « Après que ». Nous travaillerons « après qu’il soit parti » à la place de « après qu’il sera parti ». « Après que » est toujours suivi du mode indicatif. Utiliser « une fois que » à la place de « après que » pour trouver le temps adéquat.
  • « Un espèce d’homme », au lieu d’ « une espèce d’homme ». « Espèce » est un nom féminin ; à l’identique, l’on dira « un type de femme ».
  • Le double sujet : une tournure orale et familière, une faute de grammaire très fréquemment commise par les politiques en quête de proximité affective !       « Le gouvernement, il a décidé de ... » au lieu de « Le gouvernement a décidé de... » ou « Le gouvernement, lui, a décidé de... (pronom tonique : moi, toi, lui, elle..., eux, elles) ». « La France, elle a des atouts... » au lieu de « La France, elle, a des atouts ».
  • « Postuler  à  un poste… » Comme les verbes « pallier » ou « briguer », le verbe « postuler » est toujours transitif. L’on « postule le poste » de responsable de service. L'utilisation intransitive, du domaine juridique, a un sens tout autre.
  • Le verbe « prioriser », inexistant, à la place de « hiérarchiser », « donner la priorité ».
  • Les « attendus » d’une étude de marché ou d’une enquête, au lieu « des attentes ». Les « attendus » sont les motifs d’une requête, d’un jugement. Ex : les attendus du rapport gouvernemental sur la limitation de la vitesse sont liés à l’augmentation du nombre de décès...
  • « Candidater », verbe inexistant, à la place de « se porter candidat ».
  • Des négociations ont eu lieu « ce midi », à la place de « à midi » ou « en milieu de journée » ;  « midi » comme « minuit » ou toutes les autres heures de la journée ne sont jamais précédées d’un article, n’étant pas des noms. En revanche, le nom « midi » est le point cardinal appelé plus couramment « sud ». Ex :  une maison exposée au midi. Il habite dans le Sud de la France, dans le Midi de la France.
  • « Quelque ». Ne pas confondre l’adverbe "quelque cent collaborateurs" (quelque=environ) avec l’adjectif "quelques collaborateurs" (quelques=plusieurs).
  • « compte tenu que », « malgré que » à la place de « compte tenu du fait que », « malgré le fait que ».
  • Le « déroulé », nom inexistant, à la place de "le déroulement", "l’enchaînement".
  • « Collationner » à la place de « collecter ». « Collationner » signifie « comparer un document à son original ». Ex : collationner le texte frappé par sa collaboratrice ; collationner un acte juridique
  • « Afin de » ou « pour » ? Quand le sujet de la proposition est doué de volonté, on privilégie l'emploi de « afin de » ; quand le sujet n'est pas doué de volonté, on emploie toujours « pour ». Ex : nous avons rempli ce réservoir d’eau afin d’obtenir un mètre cube. Mais : « Il faut mille litres pour obtenir un mètre cube ».

Les erreurs d'un langage se voulant plurilingue.

  • « Impacter » ou un « impact » (anglicisme) à la place de « affecter », « avoir pour conséquence, pour incidence », « influer sur ». En français, un impact est un choc, une collision. En anglais, « to impact » se traduit par « influer sur ». « L’entreprise est impactée par cette réglementation », à la place de « l’entreprise est affectée par cette réglementation ». Les « impacts d’une décision » à la place de « les conséquences d’une décision ».
  • « Secure » (anglicisme) à la place de « sûr », « sécurisé ».
  • « Process » à la place de « processus ».
  • « Digitalisation » à la place de « numérisation » ; « digital » à la place de « numérique ». En français, l’adjectif « digital » concerne le doigt. En anglais the digit signifie le nombre !
  • «  Addiction » (anglicisme) à la place de « dépendance » ou « être addict », à la place de « être dépendant ».
  • « efficient » (anglicisme) à la place « d’efficace ». En français, « efficient » signifie « qui a la capacité de produire un effet par soi-même, qui produit les effets attendus ». Ex : “L’absolutisme n’est pas efficace, il est efficient : (…) il détruit la seule réalité créatrice.“ A. Camus.
  • « En termes de » (anglicisme), à la place de « en matière de », « en ce qui concerne ». « En termes de » signifie en français « dans le vocabulaire de ». Ex : En termes de médecine, cet appareil s’appelle un stéthoscope.